Cinq jours après sa démission du poste de Deputy Prime Minister, Paul Bérenger est revenu sur le devant de la scène ce mercredi matin lors d’une conférence de presse tenue à son domicile. Un exercice attendu, dans un contexte politique tendu, où chaque mot compte.
Face à la presse, l’ancien numéro deux du gouvernement a tenu à clarifier sa position. Il n’a pas quitté le Mouvement militant mauricien. Il a quitté le gouvernement. Une nuance essentielle, qui traduit une rupture avec le fonctionnement du pouvoir, mais pas encore avec son ancrage politique.
Sur les raisons de sa démission, Paul Bérenger n’a pas cherché à arrondir les angles. Il a laissé entendre qu’il ne pouvait plus cautionner certaines pratiques, dénonçant une dérive dans la gouvernance. Une sortie marquée par une formule forte : selon lui, ce ne serait plus seulement “Lakwizinn” qui tirerait les ficelles, mais désormais des “Higher Quarters”. Autrement dit, un cercle de décision encore plus opaque, plus éloigné des institutions, et moins assumé politiquement.
Le ton est donné. Et il est lourd de sens.
Paul Bérenger est allé plus loin, estimant que le gouvernement actuel est en train de reproduire ce qu’il avait lui-même dénoncé par le passé. Une accusation directe, qui place l’exécutif face à ses contradictions et relance le débat sur la transparence et la concentration du pouvoir.
Au-delà de l’attaque politique, cette prise de parole visait aussi à rassurer la base militante. Car en toile de fond, c’est bien l’avenir du MMM qui se joue. Entre fidélité à son leader historique et nécessité de se repositionner dans un paysage politique mouvant, le parti traverse une zone de turbulences.
Dans cette dynamique, Paul Bérenger a lancé un appel clair : il invite les militants et les Mauriciens à une consultation élargie ce samedi à 10 heures au Plaza, Rose-Hill. Un rendez-vous qui s’annonce stratégique, et qui pourrait bien marquer le début d’une nouvelle phase politique.