Mercredi 9 septembre, Pailles. Un poids lourd transportant des barres de fer est impliqué dans un spectaculaire accident sur la M2. Plusieurs véhicules sont percutés et neuf personnes sont blessées.
Et presque immédiatement, la même question revient : faut-il davantage restreindre la circulation des poids lourds à certaines heures ?
Ce débat, Maurice le connaît par cœur.
À chaque accident impliquant un camion, on reparle des horaires, des contrôles, de l’état mécanique des véhicules et des risques que représentent ces mastodontes lorsqu’ils circulent au milieu d’un trafic dense.
Puis l’émotion retombe. Et on attend le prochain accident.
Des restrictions existent déjà, notamment pour les poids lourds de plus de 3,5 tonnes sur certains axes entre 7 h et 9 h 30. Mais l’accident de Pailles s’est produit vers 14 heures. Cela pose une question simple : notre réglementation est-elle encore adaptée à la réalité du trafic mauricien ?
Le ministre des Transports terrestres, Osman Mahomed, doit désormais aller plus loin que les discours sur la sécurité routière.
Faut-il élargir les plages horaires de restriction ? Imposer des itinéraires spécifiques aux poids lourds ? Renforcer les contrôles techniques, particulièrement sur les freins ? Multiplier les contrôles routiers ? Revoir les conditions dans lesquelles certains camions peuvent circuler aux heures où nos autoroutes sont les plus chargées ?
Ce sont des décisions qui doivent maintenant être mises sur la table.
Il ne s’agit évidemment pas d’interdire aveuglément les poids lourds. Le transport de marchandises est indispensable au fonctionnement du pays. Mais entre les impératifs économiques et la sécurité de milliers d'automobilistes, l’État doit trouver un équilibre beaucoup plus efficace.
Monsieur Osman Mahomed, combien d’accidents faudra-t-il encore pour que le débat débouche enfin sur des mesures concrètes ?
Après Pailles, il ne suffit plus de constater.
Il faut agir.