Crise en vue : un pays à la dérive, un gouvernement à l’arrêt


Le signal est clair. Et il est inquiétant. À Maurice, les tensions s’accumulent sur des produits essentiels : pain, électricité, carburant, poulet, produits surgelés. Derrière ces signaux faibles, une réalité beaucoup plus lourde se dessine, celle d’un pays qui glisse lentement vers une crise structurelle, pendant que ceux censés gouverner semblent absents du terrain.

Depuis 2024, le pays assiste à un spectacle devenu lassant : querelles politiques, luttes d’ego, repositionnements stratégiques… mais aucun cap. Aucun plan de relance lisible. Aucune vision économique assumée.

Pendant ce temps, la machine économique ralentit. Le coût de la vie explose. Le pouvoir d’achat s’érode. Les entreprises naviguent à vue. Et les Mauriciens, eux, encaissent. Jour après jour. Plus grave encore : l’impression d’un État qui dépense sans compter, sans priorisation claire. Les fonds publics semblent dilués dans des décisions contestables, nominations abusives, structures redondantes, dépenses difficilement justifiables. Une gestion qui interroge, au moment même où la rigueur devrait être la règle.

Le contraste est brutal. D’un côté, une population qui serre la ceinture. De l’autre, un appareil d’État qui donne le sentiment de fonctionner hors-sol.

Mais au-delà du constat, c’est l’absence d’anticipation qui inquiète le plus. Car une crise ne prévient pas. Elle s’installe, lentement, puis frappe d’un coup. Aujourd’hui, tous les indicateurs sont là : tensions sur les produits de base, dépendance accrue aux importations, vulnérabilité énergétique, fragilité de certaines chaînes d’approvisionnement.

Et pourtant, aucun discours structurant. Aucun plan clair pour sécuriser l’essentiel : nourrir, alimenter, produire. Le pays avance sans filet. La question n’est plus de savoir si les Mauriciens vont souffrir. Ils souffrent déjà. La vraie question est : jusqu’où ?

Car à force d’improvisation, c’est toute la stabilité sociale et économique qui est en jeu. Gouverner, ce n’est pas commenter l’actualité. C’est prévoir, décider, agir. Aujourd’hui, Maurice attend. Et le temps, lui, ne pardonne jamais.

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