Scandale des écoutes téléphoniques : l’ACP Lilram Deal arrêté par la Central CID


L’Assistant Commissioner of Police (ACP) Lilram Deal a été arrêté ce mardi 9 décembre par la Central Criminal Investigation Department (CCID) dans le cadre de l’enquête sur le scandale des écoutes téléphoniques révélé par les enregistrements diffusés sous le pseudonyme « Missie Moustass », à la veille des élections législatives de 2024.

Convoqué afin d’être interrogé sur une possible implication dans ces écoutes présumées illégales, le haut gradé, déjà suspendu de ses fonctions, a été informé par les enquêteurs qu’il passait du statut de témoin à celui de suspect. Il est désormais soupçonné d’avoir enfreint l’Official Secrets Act, législation encadrant strictement la détention, l’utilisation et la divulgation d’informations classifiées relevant du secret d’État.

Une arrestation sur fond d’affaires multiples

Cette nouvelle interpellation intervient alors que le nom de l’ACP Lilram Deal est déjà au centre d’une autre affaire sensible, celle du Reward Money. En juin dernier, il avait été arrêté par la Financial Crimes Commission (FCC) et provisoirement inculpé pour blanchiment d’argent, après la découverte d’environ Rs 4,5 millions sur un compte bancaire conjoint détenu avec son épouse. Les enquêteurs soupçonnent que cette somme proviendrait de primes destinées à rémunérer des informateurs dans le cadre d’opérations policières.

Ancien chef de la Counter Terrorism Unit, Lilram Deal conteste l’ensemble des accusations portées contre lui, selon des sources proches du dossier.

Hospitalisation après l’arrestation

Alors qu’il devait être placé en cellule à l’issue de son arrestation, l’officier s’est plaint de problèmes de santé. Il a été transféré vers une clinique afin d’y recevoir des soins médicaux, retardant ainsi, au moins provisoirement, son incarcération.

Cette situation a ravivé des critiques exprimées dans l’opinion publique, rappelant les précédents séjours hospitaliers de l’ACP Deal après son arrestation dans le dossier Reward Money. Certains observateurs y voient une récurrence de placements en milieu médical après arrestation, perçus comme une alternative plus confortable au régime carcéral classique.

Les zones d’ombre des « Moustass Leaks »

En toile de fond subsistent de nombreuses zones d’ombre liées à l’affaire connue sous le nom de « Moustass Leaks ». Le compte anonyme Missie Moustass avait diffusé plusieurs enregistrements audio attribués à des responsables politiques, des officiers de police et d’autres personnalités influentes. Ces conversations évoquaient notamment des nominations, des interférences présumées dans des enquêtes sensibles et des arrangements supposés au plus haut niveau de l’État.

Les révélations avaient provoqué une onde de choc sur la scène politique et institutionnelle, mettant en lumière ce qui apparaît comme un système d’écoutes illégales et de graves dysfonctionnements internes. L’enquête se poursuit désormais sur plusieurs axes, tant au niveau policier que financier.

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