Affaire Gulshan Govind : qui cherche à faire capoter la défense ?


Rouben Mooroongapillay dénonce de présumées pressions policières visant à l’écarter du dossier

Les dénonciations de Me Rouben Mooroongapillay dans l’affaire Gulshan Govind sont particulièrement graves. L’avocat affirme que des membres de la force policière auraient tenté de convaincre son client de se séparer de lui, allant jusqu’à établir un lien entre son maintien comme avocat et une éventuelle prolongation de la détention de Gulshan Govind jusqu’en 2027.

Les faits allégués se seraient produits la semaine dernière, lors de l’expertise forensic du téléphone du suspect. Profitant de l’absence momentanée de l’avocate qui l’assistait, appelée à déplacer son véhicule, un officier aurait conduit Gulshan Govind dans les vestiaires et lui aurait demandé de changer d’avocat.

Un téléphone muni de la carte SIM 57902858 lui aurait même été remis afin de contacter son épouse, Véronique Leu-Govind. Deux appels auraient été effectués à 15 h 57 et 16 h 23.

Le 3 septembre, cette dernière aurait également reçu des messages et appels provenant d’un autre numéro, avec cette consigne : « Mooroongapillay out, A.T. in. »

Me Mooroongapillay affirme avoir demandé l’identification de l’utilisateur de ces numéros, sans succès. Il souligne toutefois que les appels, messages et données de localisation constituent des traces numériques susceptibles de permettre aux autorités de vérifier les accusations.

Plus préoccupant encore, l’avocat affirme que sa demande visant à faire consigner officiellement la plainte de Gulshan Govind aurait été refusée. Une demande pour conduire son client à l’Independent Police Complaints Commission (IPCC) aurait également essuyé un refus catégorique.

À ce stade, il s’agit d’allégations de la défense qui devront être vérifiées et confrontées à la version de la police. Mais leur gravité impose une question : qui aurait intérêt à écarter Me Mooroongapillay de cette affaire, et pourquoi ?

Car si des policiers ont effectivement tenté d’influencer le choix de l’avocat d’un détenu, l’affaire dépasse largement Gulshan Govind. Elle touche directement à l’intégrité de l’enquête, aux droits de la défense et à la confiance dans le système judiciaire.

Me Mooroongapillay annonce qu’une plainte officielle détaillée sera adressée aux autorités compétentes. Et prévient : « J’assurerai sa défense. Sans peur de représailles. Without fear or favour. »

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