La crise ouverte au sein du MMM continue de produire ses secousses. Après la démission de Joanna Bérenger du gouvernement ce lundi 23 mars 2026, la vague de départs s’est prolongée dans l’entourage et les structures liées aux mauves. Joanna Bérenger a officiellement remis sa démission après celle de son père, Paul Bérenger, qui avait quitté son poste de Deputy Prime Minister le 20 mars.
Dans la foulée, Med Doba a démissioné comme Board-Director chez State Informatics Limited, Nabil Moolna a quitté son poste de conseiller auprès du bureau de l’Attorney General, tandis que Shaad Chellapermal a démissionné de la présidence du National Youth Council, selon plusieurs informations de presse publiées ce lundi. Mais c’est surtout la confirmation de la démission de Kishore Pertab qui vient donner une nouvelle dimension à cette séquence politique.
Dans une déclaration sur Facebook, ce dernier affirme :« Après de nombreux appels et messages que j'ai reçus, auxquels je n'ai pas pu répondre individuellement, je tiens à vous informer que depuis le vendredi 20 mars, j'ai remis ma démission en tant que Senior Adviser (Policy and Strategy) au bureau du DPM. J'ai également démissionné de mon poste comme membre du conseil d'administration du Economic Development Board et de ses sous-comités. »
Ces départs donnent encore plus de relief à une journée qui ressemble de plus en plus à un véritable “Resign Monday” pour le camp mauve. Ils traduisent surtout une fracture politique et morale qui s’élargit après le choc provoqué par la rupture entre Paul Bérenger et la majorité des élus MMM restés au gouvernement. Vendredi déjà, Rajesh Bhagwan affirmait que 16 des 18 élus du MMM avaient choisi de demeurer au sein de l’exécutif, isolant de fait Paul Bérenger et Joanna Bérenger.
Le signal envoyé est lourd : alors qu’une partie de l’appareil mauve assume son maintien aux côtés de Navin Ramgoolam, d’autres choisissent désormais de partir, refusant d’avaliser ce qu’ils considèrent comme une cassure avec l’héritage militant. Le MMM entre ainsi dans une zone de turbulence majeure, où chaque démission ajoute à l’image d’un parti déchiré entre fidélité au pouvoir et fidélité à son leader historique.