Dans le tumulte politique mauricien, une question brûlante s'impose : jusqu'où Navin Ramgoolam pourra-t-il résister aux caprices de Paul Bérenger ? Tandis que l'Alliance, autrefois symbole d'unité et de progrès, se déchire sous le poids des ambitions personnelles et des conflits internes, le Premier ministre semble sombrer dans une léthargie inquiétante, telle une barque à la dérive sur un océan de tempêtes.
Les critiques fusent. Ramgoolam apparaît tel un fantôme au sein du PMO, et son absence de communication laisse la population perplexe, voire désespérée. Que fait-il pendant que le pays s'enfonce dans le chaos ? Les guerres intestines entre Mohamed et Juman créent un climat de méfiance, tandis que la pression populaire monte, inspirant des manifestations qui rappellent les heures les plus sombres du pays. Il est grand temps que notre Premier ministre sorte de sa torpeur, mais cela semble enfin être un rêve lointain.
La situation du Law and Order se détériore, comme un feu qui consume tout sur son passage. Le trafic de drogue est à son paroxysme, la jeunesse perdue dans une spirale infernale d'addiction. Les finances de l'État, quant à elles, ne laissent entrevoir aucune lumière au bout du tunnel. Les véritables indicateurs économiques, ces phares qui devraient éclairer le chemin du développement, se sont éteints. Le pays est à la dérive, et pourtant, Ramgoolam reste immobile, inactif, absorbé par ses voyages plutôt que par les enjeux cruciaux auxquels il est confronté.
Face à cette crise interne qui fragilise son gouvernement, la question se pose également : pourquoi Ramgoolam ne recadre-t-il pas ses partenaires d'Alliance ? Pourquoi continue-t-il à céder aux exigences parfois déraisonnables de Bérenger ? Loin d'une collaboration équilibrée, il semble que Ramgoolam s’enferme dans un cycle de soumission, un acte d'équilibrisme risqué qui pourrait lui coûter cher.
En regardant vers l'avenir, lorsque l'échéance de 2029 approche, une réponse possible se dessine : la mise en œuvre de son projet de deuxième république. Pour Ramgoolam, il s'agit là d'une planche de salut, un moyen désespéré de prolonger son règne face à une popularité en déclin. En 2014, les premières ébauches de cette idée avaient été esquissées en accord avec le MMM. Aujourd'hui, elle resurgit, telle une chimère séduisante.
Si ce projet doit voir le jour, il devra convaincre Bérenger de plier sous le poids d'une nécessité politique. Le 60-0, cette disposition constitutionnelle, est un obstacle qu'il faudra dépasser, car sans amendement, il n'y aura pas de changement durable.
Ainsi, la danse des ambitions continue, et chaque jour qui passe rapproche le pays d'une confrontation inéluctable. La question demeure en suspens : jusqu'où Ramgoolam tiendra-t-il face aux caprices d'un partenaire imprévisible, et quel sera le coût de cette résistance pour notre nation déjà éprouvée ?
MD
