On peut maquiller les tableaux Excel. On peut enjoliver les communiqués. Mais on ne peut pas cacher une vérité simple : Maurice est en train de faire payer ses erreurs budgétaires à ceux qui n’ont plus la force de se défendre. Les personnes âgées. Les retraités. Ceux qui ont travaillé toute leur vie
L’addition arrive toujours. Et elle tombe sur les plus faibles.
En 2024-25, le pays a dépensé sans filet, creusé un déficit abyssal et poussé la dette publique vers les 100 % du PIB. Quand l’alarme a sonné, il n’y a pas eu d’audit public. Pas de remise en question. Pas de réduction du train de vie de l’État.
Il y a eu une décision plus facile, prendre l’argent là où le rapport de force est inexistant.
Résultat :
- CSG Income Allowance coupée, puis divisée par deux,
- pension repoussée jusqu’à 65 ans,
- BRP gelée malgré la hausse du coût de la vie.
Ce n’est pas de la rigueur. C’est du cynisme social.
Travailler plus longtemps : une injonction indécente
Dire à un cadre climatisé de travailler jusqu’à 65 ans est une chose.
L’imposer à un manutentionnaire, une aide-soignante, un chauffeur ou une femme de ménage en est une autre. Le pouvoir parle de “responsabilité”. Mais où est la responsabilité d’avoir laissé exploser les comptes ? Où est la responsabilité d’un État qui exige l’effort sans créer les conditions de cet effort ?
Le message est clair :
“Si vous ne pouvez plus travailler, tant pis pour vous.”
Une croissance qui exclut
Oui, des emplois ont été créés.
Mais pour qui ?
À quel âge ?
À quel prix ?
Une croissance qui oblige ses anciens à choisir entre :
- se nourrir correctement,
- payer le transport,
- ou retarder des soins médicaux,
n’est pas une réussite. C’est un échec moral.
L’hypocrisie du discours officiel
On invoque l’“héritage démographique”. On brandit le FMI et Moody's. On parle de “réformes courageuses”.
Mais le courage aurait été :
- d’assumer les erreurs,
- de revoir les priorités de dépenses,
- de protéger les plus vulnérables avant de couper.
À la place, le gouvernement a choisi la voie la plus silencieuse : celle qui ne provoque pas de manifestations massives.
Ce que l’Histoire retiendra
Elle ne retiendra pas les points de croissance. Elle ne retiendra pas les tableaux budgétaires. Elle retiendra ceci ; quand l’État a perdu le contrôle de ses finances, il a demandé à ses grands-parents de combler le trou. Et aucun discours technocratique ne pourra effacer cette réalité.
Dernière ligne
Un pays se juge à la manière dont il traite ses anciens. Aujourd’hui, Maurice échoue à ce test.