Dans un contexte où la pêche est au cœur des enjeux économiques et environnementaux à Maurice, un cri d'alarme se fait entendre face aux pratiques jugées dévastatrices des navires-usines opérant dans nos eaux. Le ministre de la Pêche, Arvind Boolell, est sommé de prendre des mesures concrètes pour protéger la souveraineté maritimes et les intérêts des pêcheurs locaux.
Scénario catastrophique des quotas et pratiques illégales
Le traité hérité du régime MSM est pointé du doigt, non seulement comme un marché inéquitable mais comme une véritable passoire technologique. Les quotas de la Commission des Thons de l’Océan Indien (CTOI) deviennent une fiction administrative, permettant aux flottes industrielles de contourner les règles avec des techniques telles que le "by-catch" et le "flag hopping". Sous couvert de la pêche au thon, ces navires capturent également des espèces protégées comme les requins et les tortues, contribuant à un écocide silencieux.
Le transbordement en haute mer apparaît comme une autre facette préoccupante du problème. En autorisant le déchargement des poissons sur des cargos-frigos en pleine mer, les autorités mauriciennes ouvrent la porte à la fraude. Les journaux de bord, remplis “en bonne foi” par les capitaines, se prêtent à des abus qui compromettent la fiabilité des quotas. De plus, l'utilisation du dispositif de localisation (AIS) est souvent désactivée pour opérer illégalement.
DCP : Un aspirateur à poissons
L'usage massif des dispositifs de concentration de poissons (DCP) est également en cause. Ces bouées sophistiquées, tout en attirant diverses espèces maritimes, mettent en péril l'équilibre des écosystèmes et la survie des populations de poissons. Les pêcheurs artisanaux, eux, rentrent les filets vides face à ce mode de pêche industrielle.
Des exigences claires pour une Économie Bleue Équitable
Face à cette situation, des acteurs de la pêche locale formulent des revendications précises. Ils exigent, entre autres, une revalorisation immédiate du prix du thon, désormais fixé à un tarif colonial dévalorisant. De plus, l'interdiction totale du transbordement en mer et l'embarquement d’observateurs mauriciens sur les navires étrangers sont considérées comme des mesures indispensables pour restaurer une transparence et une justice dans le secteur.
Appel à l’action : suivre l’exemple du Sénégal
Le message est clair : le peuple mauricien ne peut plus accepter l’exploitation de ses ressources maritimes au profit de l’Europe. Le ministre Boolell est donc appelé à agir, à l'instar du Sénégal, qui a fait le choix de prioriser ses pêcheurs locaux au détriment des intérêts européens.
Les mauriciens aspirent à une ère où leurs ressources maritimes sont gérées de manière responsable et où leurs droits en tant que citoyens sont reconnus et respectés. La question reste ouverte : le gouvernement entendra-t-il cet appel à l'urgence ?
