8 mars : pendant que l’État célèbre les femmes, certaines meurent


Chaque 8 mars, le monde célèbre la Journée internationale des droits des femmes. À Maurice aussi, les discours officiels ne manqueront pas. Mais derrière les slogans et les cérémonies, une réalité dérange de plus en plus : la place des femmes dans la sphère politique semble avoir reculé.

La comparaison avec le précédent régime est difficile à ignorer. C’est sous ce gouvernement que Maurice a connu la première femme Speaker de l’Assemblée nationale, la première femme Vice-Première ministre, ou encore la première femme Présidente de la République, entre autres avancées symboliques qui avaient marqué la présence féminine au sommet de l’État.

Aujourd’hui, le contraste est brutal.

Le gouvernement actuel compte à peine deux femmes ministres sur 23 membres du Cabinet. Deux femmes pour représenter la moitié de la population. Deux femmes pour porter les politiques publiques censées défendre les droits et la sécurité des Mauriciennes.

Sous le précédent régime, la Journée internationale des femmes était marquée par de grands rassemblements au Swami Vivekananda International Convention Centre (SVICC), symboles d’une célébration nationale visible et assumée. Aujourd’hui, selon plusieurs indications, les célébrations se tiendraient dans une salle beaucoup plus modeste, presque discrète.

Certains y voient un simple choix logistique. D’autres parlent déjà d’un symbole involontaire du recul de la cause des femmes dans les priorités politiques. Car pendant que les cérémonies se font plus modestes, les violences domestiques continuent de secouer le pays, et les féminicides rappellent brutalement que la protection des femmes reste un défi majeur.

Quel visage le gouvernement choisira-t-il d’afficher pour porter ce message du 8 mars ? Car la crédibilité d’une parole publique repose aussi sur ceux qui l’incarnent.

Peut-on sérieusement parler de protection des femmes lorsque certaines figures associées au pouvoir traînent derrière elles un lourd passif dans leur manière de traiter les femmes ? Dans le domaine public, plusieurs affaires ont déjà fait surface par le passé — des accusations, des épisodes violents, des noms cités, comme ceux de N.D ou N.S — qui continuent d’alimenter les conversations et les interrogations. La question devient alors inévitable : quel signal envoie-t-on à la société lorsque de tels profils gravitent autour des centres de pouvoir ?

Alors que le monde entier célèbre les droits des femmes, Maurice se retrouve face à un miroir inconfortable. Car la vraie question du 8 mars n’est pas de savoir quel slogan sera affiché, ni quelle cérémonie sera organisée.

La vraie question est beaucoup plus simple — et beaucoup plus dérangeante : l’État a-t-il réellement fait tout ce qui était nécessaire pour protéger les femmes ? Si la réponse est non, alors les discours du 8 mars risquent de sonner creux. Et cette année plus que jamais, les Mauriciens pourraient être nombreux à attendre moins de célébrations… et beaucoup plus d’actions.

Previous Le pari de Bérenger : la fuite en avant dans le bluff!
Next Affaire Kistnen : révélation explosive… ou manipulation qui pourrait se retourner contre ses auteurs ?