Université des Mascareignes : derrière la prétendue nouvelle manifestation, une tout autre version des faits


La situation à l’Université des Mascareignes continue de susciter des réactions. Après les informations faisant état d’une nouvelle mobilisation d’étudiants sur le campus de Rose-Hill et de critiques visant la direction générale par intérim, un lecturer comptant plusieurs années de service au sein de l’établissement apporte une tout autre lecture des événements. Il affirme que plusieurs éléments présentés comme étant liés à la situation actuelle seraient inexacts ou nécessiteraient, à tout le moins, d’être sérieusement nuancés.

Premier point soulevé par notre source : il n’y aurait pas eu de manifestation étudiante à Rose-Hill le vendredi évoqué. Selon ce lecturer, qui dit avoir une connaissance directe de la situation sur le campus, la photographie utilisée pour illustrer cette prétendue nouvelle mobilisation aurait en réalité été prise lors de l’Induction Day du 3 août 2026.

Cette précision remettrait donc en question l’interprétation donnée à cette image et, surtout, l’idée qu’elle témoignerait d’un nouveau rassemblement d’étudiants.

Des contestations qui ne feraient pas l’unanimité

Notre interlocuteur conteste également l’impression d’un rejet généralisé du directeur général p.i., le Dr Yashwantrao Ramma.

Selon lui, les critiques proviendraient notamment de personnes qui avaient déjà contesté certaines décisions de la précédente direction. Il cite à ce titre le cas de l’ancien directeur général, le Dr Somanah, dont certaines décisions concernant le respect des procédures, les conditions de promotion ou encore les heures supplémentaires auraient, affirme-t-il, également suscité des résistances.

Pour ce lecturer, le véritable débat dépasserait donc largement la personne du directeur général p.i. Il porterait aussi sur le respect des règles et des procédures internes.

Il soulève ainsi plusieurs questions sur le fonctionnement académique : des enseignants seraient-ils parfois laissés dans l’ignorance de l’absence de leur doyen ? Des papiers d’examen seraient-ils remis à des surveillants plusieurs jours avant les épreuves ? Des copies d’examen resteraient-elles accessibles après les examens ? Autant de points qui, selon lui, mériteraient d’être examinés avant d’attribuer l’ensemble des dysfonctionnements à la direction actuelle.

Toilettes, éclairage : des problèmes qui ne dateraient pas d’aujourd’hui

L'état des infrastructures avait également été présenté comme l’un des principaux griefs des étudiants : toilettes défectueuses, éclairage inadéquat et environnement général jugé peu propice aux études.

Là encore, notre source apporte une nuance importante. Ces problèmes seraient, selon elle, antérieurs à la nomination du Dr Ramma comme directeur général p.i.

Concernant notamment l’état des toilettes, le lecturer estime qu’il serait nécessaire de déterminer depuis quand ces difficultés existent et quelles en sont précisément les causes. Il invite également à consulter les responsables chargés de la sécurité et de la santé au travail afin d’établir une chronologie factuelle de la situation.

« Quand quelqu’un veut mettre de l’ordre, il y a de la résistance »

Pour notre source, les tensions actuelles doivent également être replacées dans un contexte institutionnel plus large.

Elle soutient qu'à l'Université des Mascareignes, les tentatives visant à renforcer les procédures et la discipline auraient régulièrement provoqué des résistances par le passé. Une affirmation qui demeure celle de notre interlocuteur et qui appelle naturellement à être confrontée aux versions des étudiants, de la direction et des autres parties concernées.

Le lecturer reconnaît d'ailleurs ne pas être systématiquement en accord avec le directeur général p.i. Il affirme notamment que deux de ses propres demandes de participation à des conférences et ateliers auraient été refusées. Malgré cela, il estime que ce désaccord personnel ne doit pas empêcher de distinguer les faits établis des accusations formulées.

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