Un groupe de femmes musulmanes, aujourd’hui veuves, tire la sonnette d’alarme après la suspension soudaine de leur pension de survivante depuis la fin novembre 2025. Dans une lettre adressée au ministre de la Sécurité sociale, ces femmes dénoncent une situation qu’elles qualifient d’injuste, illégale et humainement insoutenable.
Ces veuves expliquent avoir contracté, entre 1987 et 1990, un mariage religieux islamique (Nikah) à une période où la loi ne permettait pas la célébration d’un mariage religieux sans mariage civil préalable. Elles affirment avoir vécu en union avec leur partenaire jusqu’au décès de ce dernier et n’avoir jamais contracté de nouvelle union par la suite.
Conformément à la Social Aid Act, elles avaient introduit une demande de surviving partner’s allowance, appuyée par les affidavits requis. Après vérification des documents et approbation par les autorités compétentes, ces femmes percevaient régulièrement cette allocation, parfois depuis plusieurs années.
Toutefois, à leur grande surprise, elles ont été convoquées verbalement par des officiers de la Sécurité sociale et sommées de se conformer à de nouvelles exigences administratives, non prévues par la loi. Parmi celles-ci : refaire des affidavits déjà acceptés ou faire comparaître physiquement le religieux ayant célébré le Nikah, alors même que des attestations officielles figuraient déjà dans leurs dossiers.
Les plaignantes estiment que ces demandes constituent un abus de procédure, en contradiction avec les dispositions claires de la loi, notamment les règlements 15(r) et 17(1)(c) de la Social Aid Act, qu’elles disent avoir pleinement respectés.
Résultat : la suspension de leur pension, leur seule source de revenu, les plonge aujourd’hui dans une précarité financière extrême. « Nous avons été privées de nos droits malgré le respect de toutes les conditions légales », dénoncent-elles.
Dans leur démarche, ces femmes réclament la restauration immédiate de leur pension, accompagnée du paiement des arriérés depuis la date de suspension. À défaut, elles sollicitent une rencontre urgente avec le ministre, en présence de leur conseil légal, afin de trouver une issue à ce qu’elles décrivent comme une détresse humaine quotidienne.
Des copies de la lettre ont également été transmises au Premier ministre, à plusieurs ministres, députés, au Senior Chief Executive du ministère de la Sécurité sociale ainsi qu’à la Commission nationale des droits de l’homme, signe de la gravité du dossier et de l’espoir d’une intervention rapide des autorités.