Mismanagement à la CNT : le cri du cœur des employés et de graves questions sur la gestion actuelle


Le malaise semble s'aggraver à la Compagnie Nationale de Transport (CNT). Dans une vidéo publiée en ligne, Sam Gérard, Workers’ Director, dénonce des actes présumés d'intimidation et de représailles de la part du directeur général. Il affirme avoir été contraint de quitter une réunion du conseil d'administration après avoir dénoncé ce qu'il considère comme des cas de mauvaise gestion.

Sam Gérard se fait aujourd'hui l'écho d'un véritable cri du cœur des employés de la corporation.

Dans une autre vidéo diffusée ce mois-ci, et selon nos sources à l'intérieur de la corporation, plusieurs travailleurs expriment leur profond mécontentement : absence d'uniformes, manque d'écoute de la direction, difficultés opérationnelles et insuffisance d'autobus sur les routes. Une situation qui, selon ces témoignages, pénalise non seulement les employés, mais également les milliers de passagers qui dépendent quotidiennement des services de la CNT.

Près de deux ans après, où sont les résultats ?

À son arrivée au pouvoir, le nouveau gouvernement avait multiplié les critiques contre l'ancienne direction de la CNT, lui attribuant les difficultés de la corporation. Manque d'entretien, utilisation de mauvaises pièces de rechange, pratiques d'approvisionnement contestables : les accusations étaient nombreuses.

Depuis, la nouvelle administration a eu le temps de revoir les procédures d'entretien et d'approvisionnement.

Elle a surtout bénéficié de 105 nouveaux autobus électriques, dont 100 offerts par l'Inde et cinq par la Chine. Ces projets avaient été engagés et finalisés sous l'administration précédente. Les livraisons ont été achevées en 2025 et 2026.

À ces nouvelles acquisitions s'ajoutait une flotte existante de plusieurs centaines d'autobus Nissan et d'autres marques. La CNT dispose aujourd'hui d'environ 500 véhicules, selon les informations officielles.

Comment expliquer alors les plaintes persistantes concernant le manque d'autobus et la détérioration présumée du service ?

Si les témoignages faisant état d'une disponibilité nettement réduite se confirment, une question fondamentale se pose : les anciennes pratiques de gestion et d'entretien, si vivement critiquées, permettaient-elles finalement d'assurer un meilleur service ?

Les changements introduits par la nouvelle direction ont-ils réellement amélioré la situation ou ont-ils, au contraire, contribué aux difficultés actuelles ?

L'ancienne administration aurait-elle servi de bouc émissaire, alors que les problèmes dénoncés aujourd'hui soulèvent de sérieuses interrogations sur les résultats de la gestion actuelle ?

Ces questions exigent des réponses chiffrées. Combien d'autobus circulaient avant novembre 2024 et combien circulent aujourd'hui ? Combien sont immobilisés et pourquoi? Combien de services ont été supprimés ? Quel a été l'impact réel des nouvelles procédures de maintenance ?

Sam Gérard interpelle directement le Premier ministre et le ministre du Transport afin qu'ils interviennent pour redresser la CNT.

Ses accusations d'intimidation et de représailles méritent un examen indépendant. Aucun représentant des travailleurs ne devrait craindre de dénoncer d'éventuels dysfonctionnements et mauvaises pratiques au sein d'une corporation publique.

Les accusations doivent être vérifiées, les chiffres rendus publics et les responsabilités établies. L'ancienne direction ne peut éternellement servir de bouc émissaire.
Près de deux ans après le changement de gouvernement, la gestion actuelle doit maintenant rendre des comptes sur ses propres résultats.

Les employés de la CNT méritent le respect, les passagers méritent un service fiable et la population mauricienne a droit à la transparence.

topnews.mu | 25 septembre 2026

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