Il y a des moments où la communication gouvernementale cesse d’être une simple mise en scène pour devenir une véritable insulte à l’intelligence collective. Le dernier exercice du ministre du Commerce et de la Protection des Consommateurs, Michael Sik Yuen, en est une démonstration éclatante.
Présenter la hausse du prix du diesel comme une “faveur” faite à la population relève d’une manipulation assumée.Selon le ministre, le Petroleum Pricing Committee aurait pu appliquer une augmentation de plus de 40 %, mais aurait “choisi” de la limiter à 10 % afin de protéger le pouvoir d’achat. Une version des faits rassurante. Mais fausse.
Une réalité beaucoup moins flatteuse
La législation encadrant la fixation des prix des carburants est claire : une augmentation ne peut excéder 10 % en une seule révision. Autrement dit, il ne s’agit pas d’un geste politique. Il s’agit du maximum autorisé par la loi. Parler d’“amortissement du choc” dans ces conditions revient à transformer une contrainte réglementaire en opération de communication.
Essence : aucune faveur non plus
Le maintien du prix de l’essence ne relève pas davantage d’une décision protectrice. Il s’explique simplement par l’état du Price Stabilization Account, actuellement excédentaire, permettant d’absorber les hausses sans répercussion immédiate. Encore une fois, aucun effort politique. Juste un mécanisme qui fonctionne.
Une communication qui fragilise la confiance
En dramatisant une hausse encadrée par la loi et en présentant une stabilité mécanique comme un choix stratégique, le gouvernement construit un récit qui ne résiste pas aux faits. À force de vouloir projeter l’image d’un “caring government”, le pouvoir prend le risque de produire l’effet inverse : celui d’un discours déconnecté, voire trompeur.
Vers une nouvelle hausse ?
Dans les milieux informés, une interrogation persiste : le Petroleum Pricing Committee sera-t-il prochainement appelé à se réunir pour ajuster à nouveau les prix des carburants ? Si tel est le cas, la marge de manœuvre restera inchangée. Et le scénario pourrait se répéter.