Lorsqu’un gouvernement crée un comité pour superviser l’implémentation de son propre programme… après un an au pouvoir, il ne fait plus de la gouvernance. Il fait un constat d’échec.
La décision du Conseil des ministres de mettre en place un énième comité interministériel est tout sauf anodine. Elle confirme ce que beaucoup soupçonnaient déjà : l’Alliance du Changement a passé douze mois à gérer l’appareil d’État, mais sans réellement le diriger.
Le pays n’a pas besoin d’un comité pour savoir ce qu’il faut faire. Les promesses électorales étaient écrites, chiffrées, annoncées avec emphase. Ce qui a manqué, ce n’est ni la vision ni les structures, mais la volonté et la capacité d’exécuter.
Dans les faits, ce comité risque fort de devenir un alibi politique. Un espace où l’on discute quand il faudrait décider, où l’on coordonne quand il faudrait agir. Une machine à produire de la paperasse pendant que la population attend des réponses concrètes sur le coût de la vie, la gouvernance et la justice sociale.
Politiquement, le message est clair : le PTr accepte désormais une supervision interne de son action. Le MMM et ReA obtiennent un droit de regard direct sur la marche du gouvernement. Pour certains, c’est un rééquilibrage. Pour d’autres, c’est une mise sous tutelle déguisée.
Quoi qu’il en soit, le verdict des citoyens sera simple. Si ce comité ne produit pas rapidement des décisions visibles et mesurables, il restera dans l’histoire comme le symbole d’une année perdue — et peut-être comme le point de bascule d’un mandat qui n’a jamais réellement commencé.
