Colère et manifestations dans certains pays : Maurice encore loin du compte malgré les frondes


2025 restera gravée dans les mémoires comme l'année des soulèvements. Partout, de Madagascar au Népal, en passant par le Sri Lanka, le Maroc, le Bangladesh et le Pérou, des peuples se sont levés, unis dans leur colère face à des gouvernements sourds à leurs besoins. À Madagascar, Andry Rajoelina a finalement plié bagages, tout comme au Népal et au Sri Lanka. Mais ici, à Maurice, la situation est bien différente.

La colère gronde dans notre pays, palpable dans chaque conversation de marché, dans chaque discussion au salon de coiffure, dans chaque course en taxi. Les Mauriciens n'en peuvent plus de ces promesses non tenues du nouveau gouvernement, notamment alors qu'il s'apprête à célébrer son premier anniversaire. Pourtant, nous ne sommes pas prêts pour un soulèvement comme nos voisins. Pourquoi? Parce que nous avons été endormis par des décennies de soumission, d'illusions et de corruption. Depuis 2014, sous l'ère Jugnauth, nous avons vu les mêmes abus de pouvoir, les mêmes promesses jamais tenues, un cycle infernal que Ramgoolam n'a fait qu'amplifier avec ses politiques de "mo piss lor zot".

Cette colère qui monte parmi la population est parfaitement justifiée. Les coupures des allocations sociales, l'augmentation injuste de l'âge de la pension, la négligence des jeunes... Que dire des gabegies financières où les richesses se distribuent entre une élite copains-copines? C'est scandaleux! Nous savons tous que la majorité des Mauriciens préférera toujours attendre les élections pour faire entendre leur voix. Un calme gênant, qui nous rappelle que, même face à des épreuves, nous restons disciplinés, presque automatiques dans notre résignation : travailler, être payé, rentrer chez soi, recommencer… C'est devenu notre mantra.

Lorsque nous avons vu des rassemblements pour dénoncer l'augmentation de l'âge de la pension, c'était un bel élan, un moment d’espoir refoulé. Mais cette tension s'est dissipée, laissant place à un mutisme gênant face aux revendications syndicales. Ce n'est pas que nous manquons de rancœur, mais nous avons été conditionnés à croire que le changement viendra de façon pacifique. Pendant ce temps, les autres pays se lèvent, tandis que nous restons spectateurs, paralysés par un faux sentiment de sécurité et un espoir déchu. Il est grand temps de réveiller cette colère et de passer à l'action avant qu'il ne soit trop tard!

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