Un débat important sur l’avenir de la politique du cannabis à Maurice s’est tenu à l’Assemblée nationale lors de la Private Notice Question du député Adrien Duval (Port-Louis Nord & Montagne Longue). Le parlementaire a interrogé le Premier ministre sur l’éventualité d’inclure l’usage récréatif dans les travaux du comité technique chargé d’examiner les options de dépénalisation.
Un comité d’experts déjà mis en place
Dans sa réponse, le Premier ministre a indiqué avoir reçu des informations de la National Agency for Drug Control (NADC). Celle-ci a confirmé que le Drug Control Board, lors de sa réunion du 16 octobre, a décidé la mise en place d’un comité technique multidisciplinaire. Ce comité regroupera des spécialistes en :
- santé publique
- justice criminelle
- politique fiscale
- neurosciences
- médecine des addictions
- réduction des risques
- représentants du ministère de la Santé
Sa mission : mener une analyse approfondie des trois modèles envisagés pour la régulation du cannabis :
- Dépénalisation
- Décriminalisation
- Légalisation encadrée
Consultations internationales et cadre légal
Afin de s’assurer que Maurice s’aligne sur les standards internationaux, l’Agence a déjà initié des discussions avec l’UNODC (United Nations Office on Drugs and Crime) et l’OMS. En parallèle, des consultations sont en cours avec le State Law Office pour évaluer les implications juridiques de chaque modèle et préparer la rédaction éventuelle de textes législatifs.
Le calendrier annoncé :
- Janvier 2026 : première réunion du comité technique + production d’un briefing légal sur les obligations domestiques et internationales
- Janvier – mars 2026 : évaluation des impacts sur la santé publique
- Juillet 2026 : présentation d’un draft blueprint et d’un cadre administratif pour la régulation du cannabis
Le comité parlementaire promis : toujours pas constitué
Le député Adrien Duval a toutefois soulevé une question politique centrale :
Pourquoi avoir mis en place un comité technique, alors que l’Alliance du Changement avait promis un Select Committee parlementaire bipartisan pour contribuer à la réflexion nationale sur la réforme des lois relatives à la drogue ?
Le Premier ministre a répondu que la volonté était d’obtenir d’abord un avis d’experts avant de saisir le Parlement sur la question.
Un dossier sensible qui avance sur deux fronts
Cette séquence parlementaire montre que le gouvernement privilégie une approche scientifique, juridique et institutionnelle, avant d’ouvrir le débat politique promis.
Si le comité technique est sur les rails, le Select Committee reste, lui, dans l’incertitude, même si le chef du gouvernement laisse entrevoir que sa création demeure possible.
Le débat sur la dépénalisation et la légalisation du cannabis — qu’il soit médical, récréatif ou encadré — s’annonce donc comme l’un des grands chantiers de 2026.
