Banque de Maurice : après Sithanen, Hasnah sur la sellette?


La Banque de Maurice (BoM) se trouve à un carrefour crucial. Paradoxalement, plutôt que d’avancer vers une modernisation tant attendue, elle est prise au piège d’une stagnation orchestrée par son First Deputy Governor, Rajeev Hasnah. Son maintien en poste ne représente pas une garantie de continuité, mais un véritable frein à l'évolution de l'institution.

Depuis 2020, un projet ambitieux de transformation IT, soutenu par Rs 350 millions, s’est heurté aux barrières érigées par Hasnah. Lors d'une réunion décisive le 6 juin 2025, il s’est opposé à la relance de ce projet, évoquant des “risques systémiques” sans fondement, alors même qu’un sous-comité du board avait déjà donné son accord. Ce fut clairement un acte de sabotage, visant non seulement à bloquer la modernisation, mais aussi à maintenir le statu quo qui lui profite.

Sa manœuvre va au-delà d’un simple freinage : Hasnah a transféré la gestion des appels d’offres à lui-même tout en se retirant officiellement du Steering Committee, créant ainsi une situation où il peut contrôler l’avenir du projet. Les conséquences sont désastreuses : des millions immobilisés, un projet gelé, et surtout, une confiance érodée envers la Banque de Maurice.

Ajoutant à ce tableau sombre, les implications politiques et familiales entourant ses actions font craindre une collusion troublante. Celui qui devait être le garant de l’indépendance de l’institution apparaît désormais comme un acteur-coordinateur d’intérêts personnels et partisans. Sa présence lors de la défense flamboyante de Rama Sithanen, où il a cautionné la privatisation de la Banque, a confirmé cette dérive.

Pire encore, Hasnah s’illustre par ses alliances au sein du board, où cible Gérard Sanspeur, défenseur du projet IT, tout en se drapant dans le faux manteau de la continuité. Ce simulacre de gouvernance ne pourra jamais aboutir à une véritable réforme.

Pour restaurer la crédibilité de la Banque de Maurice, il est impératif d'opérer un changement radical. La Banque ne peut avancer tant que Rajeev Hasnah demeure à son sommet. Seule une rupture franche avec cet homme devenu un fardeau pourra permettre une renaissance tant espérée. La voie est claire : tourner la page Hasnah et renouer avec une direction audacieuse et transparente.

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