Interpellation de Narain Jasodanand : Vague de soutien, oui, mais jusqu’à quand ?


D’emblée, la direction et la rédaction de TOP News affichent un soutien sans faille à Narain Jasodanand et à l’équipe de Scoop.mu. Nous dénonçons avec force les bavures policières, et particulièrement les arrestations arbitraires aux allures de règlements de comptes. Cette situation est devenue insupportable dans un pays qui se targue d'être une démocratie.

Nous savons tous que le soutien qui afflue aujourd'hui de diverses figures politiques ne doit pas nous apaiser. Shakeel Mohamed, Kushal Lobine, Eshan Juman, Rezistans ek Alternative, Nouveaux Démocrates, Raviraj Beechook… Ils se sont tous exprimés sur Facebook après l'arrestation injustifiée de Jasodanand, comme si leurs mots allaient effacer les horreurs de cette répression. Mais qu’en est-il des actes ? Qu'en est-il de l'engagement ferme à éradiquer ces pratiques abusives ?

Au-delà de la vague de sympathie affichée, on peut légitimement s'interroger : à quand la fin des arrestations arbitraires à Maurice ? L’Alliance du Changement avait promis un changement, une rupture avec les anciennes méthodes dissuasives. Les Provisional Charges devaient disparaître, mais la réalité est tout autre. Ce qui devait être une avancée vers une presse libre se transforme en cauchemar où chaque journaliste s’expose à la menace de représailles. Quand comprendra-t-on que l’arrestation de journalistes n’est pas seulement une atteinte à leur liberté, mais une attaque frontale contre la démocratie elle-même ?

Le pouvoir n’a d’autre but que de museler ceux qui osent dénoncer les abus et les dérives. C’est une méthode éprouvée pour étouffer la dissidence : faire taire la voix qui dénonce, éteindre l’esprit critique. Sous couvert de sécurité et d’ordre public, c’est la peur qui est instaurée, un climat d'intimidation où personne n'ose s'exprimer. Et cela, mesdames et messieurs, est inacceptable.

Face à cette spirale de répression, la solidarité est essentielle, mais elle doit se transformer en mouvement actif. Rappelons-nous que le soutien sans action n'est qu'un vent de paroles vides. Mobilisons-nous, faisons entendre notre voix avant qu'elle ne soit entièrement étouffée. L’histoire ne se souviendra pas seulement des vagues de soutien, mais de ceux et celles qui ont choisi de se battre pour la vérité et la justice. Ne restons pas passifs face à cette tyrannie grandissante. Assez c'est assez !

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