Si demain matin, l’État mauricien se réveillait avec une illumination divine, ou plus simplement après un bon alouda bien frais, et décidait de faire deux-trois petits “ajustements”, voilà à quoi pourrait ressembler la nouvelle République modèle :
D’abord, fini la vache à lait des produits pétroliers. L’État dit : “Non merci, Rs 10 à Rs 15 milliards, nou pa bizin sa.” Une générosité soudaine qui ferait pleurer même les pompes à essence. Par contre, pour compenser, on augmente la Corporate Tax de 5%. Traduction : “Pa panik, nou krwar dan l’équilibre… surtout quand lezot pé payé.”
Ensuite, une petite Wealth Tax de 10% pour les grosses fortunes. Oui, oui, les villas avec piscine à débordement et vue sur lagon vont soudain découvrir… l’angoisse existentielle. “Ki? Mo bizin payé pou mo richesse?”, bienvenue dans le club, camarade.
Les banques et les compagnies télécoms, elles, gagnent un petit cadeau aussi : Solidarity Levy à 5% du chiffre d’affaires. Parce que solidarité, ici, c’est un concept très flexible… surtout quand li pa pou dimounn ordinaire.
Côté gouvernement, on passe en mode “summer body” : de 25 ministres à 15. Régime sec. Exit Vice-Président, exit Junior Ministers. Lasanble Lasanble, dimounn pé disparet couma snacks pendant réunion. Etonnamment, l’efficacité… toujours en discussion.
Les voyages “stratégiques” deviennent soudain… moins stratégiques. Fini les petits tours “essentiels” au Congo ou ailleurs pour “renforcer les liens bilatéraux” (traduction : photo + buffet + discours). Désormais, si ou envie voyager, ou prend Air Mauritius...
Et là, révolution écologique : tous ministres et hauts fonctionnaires en voitures hybrides coréennes ou japonaises. Oui, fini grosses berlines noirs avec vitres teintées. Place à Toyota et Hyundai. Mo krwar même bann gardes du corps pou bizin poussé quand batterie fini.
Côté immobilier, attention : si votre maison dépasse 3000 pieds carrés, bam, taxe habitation. Parce qu’apparemment, passé 3000 pieds carrés, ou nepli dans “lakaz”… ou dan “palais”.
Et enfin, clou du spectacle : fini les grands projets prestige financés par l’Inde pendant que dimounn pé rode delo dan robinet. “Lopital lichien” dit le gouvernement. “D’abord, dimounn bizin kapav pran enn douche sans prié.”
Au final, dan sa République imaginaire là, tout le monde contribue, tout le monde ajuste… et surtout, tout le monde se demande si c’est une réforme économique… ou un épisode inédit de satire nationale.
Mais bon… rêver, li gratuit. Pour l’instant.
