MV APEX : les animaux commencent à mourir, le compte à rebours est lancé


Le scénario que beaucoup redoutaient semble désormais avoir commencé.

Selon une correspondance adressée ce jeudi 9 juillet au Bureau du Premier ministre, dont topnews.mu a obtenu copie, les animaux à bord du MV APEX commencent à mourir. Les armateurs du navire affirment qu'un premier bovin est décédé tôt ce matin, marquant, selon eux, le début d'une crise qui pourrait rapidement devenir incontrôlable si aucune décision d'urgence n'est prise.

Dans cette nouvelle alerte adressée au Prime Minister's Office, aux autorités maritimes, au ministère de l'Agro-industrie ainsi qu'à plusieurs autres institutions de l'État, les représentants du MV APEX estiment que le temps des consultations administratives est désormais révolu.

« Le navire a épuisé son temps », écrivent-ils, affirmant que chaque heure qui passe rapproche le bâtiment d'une catastrophe humanitaire, environnementale et maritime.

Selon les informations communiquées par le capitaine du navire, la carcasse du premier animal décédé a été placée dans la chambre froide afin de permettre la réalisation d'une autopsie vétérinaire officielle. Toutefois, les armateurs précisent que cette chambre froide est pratiquement saturée et ne dispose plus de capacité suffisante pour accueillir d'autres carcasses si la mortalité venait à augmenter.

La situation est décrite comme extrêmement critique.

Les réserves de nourriture destinées aux centaines de têtes de bétail transportées à bord devraient être totalement épuisées à 18 heures ce jeudi. Les armateurs préviennent qu'à partir de ce moment, les animaux entreront dans une phase de famine aiguë susceptible de provoquer des mouvements de panique, des blessures, des piétinements et une augmentation rapide du nombre de décès.

Mais ce n'est, selon eux, que la première étape.

Ils indiquent également que les réserves de carburant du navire seront entièrement épuisées à midi ce vendredi. Le MV APEX deviendrait alors un « dead ship », totalement privé de propulsion, d'électricité et de tous ses systèmes essentiels.

Les conséquences décrites dans leur analyse des risques sont particulièrement préoccupantes.

Sans alimentation électrique, les puissants systèmes de ventilation mécanique indispensables au transport de bétail cesseraient immédiatement de fonctionner. Les ponts inférieurs ne seraient plus alimentés en air frais tandis que les gaz toxiques, notamment l'ammoniac produit par les animaux, commenceraient à s'accumuler.

Les armateurs estiment que, dans les conditions climatiques tropicales, des centaines de bovins pourraient mourir par asphyxie en seulement quelques heures après une panne générale des générateurs.

L'équipage serait lui aussi confronté à une situation d'urgence. Sans carburant, le navire ne disposerait plus d'électricité, de système de production d'eau douce, d'éclairage ni de nombreux équipements essentiels au maintien de la sécurité à bord.

La correspondance évoque également un risque sanitaire majeur.

Avec une chambre froide déjà saturée, les éventuelles nouvelles carcasses ne pourraient plus être conservées dans des conditions appropriées. Elles commenceraient à se décomposer à ciel ouvert sous les fortes chaleurs, créant, selon les armateurs, un risque important de pollution biologique, de mauvaises odeurs et de contamination du milieu marin aux abords de Port-Louis.

Les responsables du MV APEX mettent également en garde contre un risque de sécurité maritime. Un navire totalement privé de propulsion ne serait plus en mesure de manœuvrer en cas de changement de vent, de courant ou de rupture de son mouillage. Il pourrait dériver, s'échouer sur les récifs mauriciens ou entrer en collision avec d'autres navires présents dans la rade.

Face à cette situation, les armateurs demandent une seule mesure : l'autorisation immédiate d'accoster au port de Port-Louis afin de ravitailler le navire en carburant, fournir du fourrage aux animaux et permettre aux services vétérinaires de monter à bord pour effectuer les contrôles sanitaires nécessaires dans des conditions sécurisées.

Enfin, la lettre se termine par une mise en garde juridique particulièrement ferme. Les représentants du MV APEX soutiennent que si aucune solution n'est apportée malgré les multiples alertes adressées aux autorités, l'État mauricien pourrait, selon eux, voir sa responsabilité engagée pour les conséquences humaines, environnementales, financières et maritimes qui découleraient d'un tel scénario.

Une chose est désormais certaine : le dossier MV APEX est entré dans une nouvelle phase. Les premières pertes animales sont signalées, les réserves de nourriture arrivent à épuisement et le carburant touche à sa fin. Les prochaines heures pourraient être déterminantes.

Dans une affaire d'une telle ampleur, qui concerne à la fois le bien-être animal, la sécurité maritime, la santé publique et les finances de l'État, une exigence s'impose plus que jamais : les Mauriciens ont le droit de savoir ce qui se passe réellement et quelles décisions sont prises en leur nom.

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