L’ancien Chief Executive Officer de Metro Express Ltd, Dr Das Mootanah, est sorti de son silence pour répondre aux déclarations du ministre du Transport terrestre et du Métro léger, Mahomed Osman Cassam Mahomed, faites lors d’une conférence de presse mardi. Dans une longue mise au point, il accuse le ministre de s’attribuer des initiatives qui, selon lui, avaient été lancées bien avant son arrivée au pouvoir.
Dr Mootanah affirme que plusieurs dossiers présentés comme des réalisations de l’actuelle administration, notamment les stratégies de réduction des coûts d’exploitation, l’installation de panneaux solaires, l’évaluation des retombées socio-économiques du Metro Express ainsi que les stratégies de remboursement des emprunts, avaient déjà été initiés par l’ancienne direction de Metro Express Ltd et le ministère de tutelle. Il ajoute que le projet d’acquisition de 100 autobus électriques avait lui aussi été enclenché sous le précédent gouvernement.
L’ancien CEO se dit également surpris de voir son nom continuellement évoqué lors des conférences de presse du ministre, alors qu’il a quitté Metro Express Ltd et Maurice il y a deux ans à l’issue de son contrat pour poursuivre une carrière à l’international.
Il conteste surtout les propos du ministre selon lesquels il aurait été un « nommé politique » lors de sa désignation à la tête de Metro Express Ltd en juillet 2018. Das Mootanah affirme que sa nomination est intervenue à l’issue d’un processus international de recrutement compétitif, comprenant un entretien de deux heures devant un panel réunissant des membres du conseil d’administration de Metro Express Ltd, l’ancien président Sateeaved Seebaluck, des représentants de la Singapore Cooperation Enterprise ainsi que des hauts fonctionnaires. Il cite plusieurs articles de presse publiés à l’époque pour étayer ses affirmations.
« J’espère qu’à l’avenir, le ministre veillera à être correctement informé avant de faire des déclarations en conférence de presse ou au Parlement », écrit-il.
Dans son intervention, Dr Mootanah rappelle également que le projet Metro Express a été réalisé malgré deux confinements liés à la pandémie de COVID-19. Selon lui, la première phase du projet a été livrée en moins de deux ans et l’ensemble du réseau de 30 kilomètres a été complété en moins de cinq ans, entre 2018 et 2023.
Il conclut en appelant à dépasser les querelles politiques pour concentrer les efforts sur l’extension du réseau, une meilleure intégration avec les autres modes de transport public et le développement d’un système de mobilité durable.
Lors de sa conférence de presse, le ministre Mahomed Osman Cassam Mahomed avait présenté l’exercice financier en cours comme une année charnière pour Metro Express Ltd. Il avait annoncé une enveloppe budgétaire d’environ Rs 1,64 milliard destinée notamment au remboursement de la dette, à la rénovation des rames et au financement des dépenses courantes de l’entreprise.
S’appuyant sur une étude menée par Crossrail International Ltd, organisme relevant du Département britannique des Transports, le ministre avait également affirmé que le Metro Express génère des bénéfices socio-économiques monétisés estimés à Rs 1,7 milliard par an, alors que le réseau transporte quotidiennement entre 35 000 et 36 000 passagers. Ces annonces sont désormais au cœur d’une polémique sur la paternité des réformes et des projets mis en avant par le gouvernement.