Pendant que les Mauriciens se serrent la ceinture, les dépenses de l'État à l'étranger continuent de donner le vertige. Selon les chiffres officiels du Budget, le gouvernement a déboursé pas moins de Rs 227,2 millions en une seule année pour la location des chancelleries, des résidences des ambassadeurs et des logements du personnel diplomatique. Une facture qui soulève de sérieuses interrogations sur la gestion de l'argent public.
Au total, Rs 227 244 618,84 ont été consacrées uniquement aux loyers des 22 missions diplomatiques mauriciennes réparties à travers le monde. Ce montant comprend les bâtiments des chancelleries, les résidences des hauts-commissaires et ambassadeurs ainsi que les logements du personnel.
La mission la plus coûteuse est Pékin, avec une facture annuelle de Rs 43,47 millions. À elle seule, elle représente près de 20 % de l'ensemble des dépenses locatives du réseau diplomatique mauricien. Plus de Rs 22,4 millions sont consacrées au logement du personnel, tandis que la résidence de l'ambassadeur coûte Rs 14,48 millions.
New York arrive en deuxième position avec Rs 35 millions, suivie de Genève (Rs 20,19 millions), Tokyo (Rs 16,13 millions) et Riyad (Rs 12,3 millions).
À l'autre extrémité du classement figurent Pretoria (Rs 2,88 millions), Londres (Rs 3,63 millions) et Mumbai (Rs 3,57 millions).
Des dépenses qui interpellent
Le tableau officiel révèle également des situations étonnantes. Dans plusieurs missions, les bâtiments de la chancellerie ou les résidences diplomatiques sont la propriété de l'État mauricien, ce qui élimine les frais de location pour ces infrastructures. Pourtant, les coûts liés au logement du personnel demeurent parfois très élevés.
À Tokyo, par exemple, plus de Rs 11,1 millions sont consacrées uniquement au logement du personnel. À New York, ce poste atteint Rs 10,39 millions, tandis qu'à Genève, il dépasse Rs 5,54 millions.
L'argent public sous pression
Ces chiffres interviennent dans un contexte où le gouvernement appelle régulièrement à la rigueur budgétaire et où les Mauriciens font face à une hausse persistante du coût de la vie. Inflation, pression fiscale, réforme des pensions et restrictions budgétaires alimentent déjà le mécontentement d'une partie de la population.
La publication de ces dépenses risque donc de raviver le débat sur les priorités de l'État.
Car au-delà des montants, plusieurs questions se posent : ces loyers correspondent-ils aux prix du marché dans chaque capitale ? Existe-t-il une politique de plafonnement des dépenses ? L'acquisition de bâtiments appartenant à l'État ne permettrait-elle pas de réduire les coûts à long terme ? Enfin, ces dépenses font-elles l'objet d'évaluations régulières afin de garantir une utilisation optimale des fonds publics ?