35 morts dans les prisons en moins de deux ans : un chiffre qui choque et soulève des questions


Le chiffre fait froid dans le dos. Depuis novembre 2024, pas moins de 35 détenus sont décédés dans les prisons mauriciennes, selon des informations communiquées au Parlement par le Premier ministre. Deux autres décès ont également été recensés en détention policière.

Cette révélation intervient dans un contexte où plusieurs affaires récentes ont ravivé les inquiétudes autour des conditions de détention et du traitement réservé aux détenus. Au Parlement, la députée Ashline Savabaddy a interpellé le gouvernement sur ces décès, réclamant davantage de clarté sur les enquêtes en cours et sur les éventuels cas de négligence ou de violences.

Selon les chiffres avancés, 24 détenus seraient morts de causes naturelles tandis que sept autres décès seraient liés à des cas d’asphyxie par pendaison. Quatre dossiers demeurent toujours sous enquête policière.

Mais ce qui alimente surtout les interrogations, ce sont les soupçons de “foul play” évoqués officiellement dans plusieurs cas. Le Premier ministre a confirmé que des actes suspects sont envisagés dans deux décès survenus en prison ainsi que dans deux autres cas enregistrés en détention policière.

À ce stade, aucune arrestation n’a encore été effectuée concernant les décès recensés dans les établissements pénitentiaires.

Lors des échanges à l’Assemblée nationale, les noms de Jeff Alexandre Perrine et Dylan Sawmy ont également été évoqués. La députée Ashline Savabaddy a demandé si le gouvernement comptait ordonner des enquêtes judiciaires et médico-légales indépendantes afin de faire toute la lumière sur les circonstances exactes entourant ces décès.

Le Premier ministre a rappelé que la loi permet déjà au Directeur des poursuites publiques de demander une enquête judiciaire lorsqu’un décès survient en prison ou en garde à vue.

Au-delà des chiffres, cette série de décès relance surtout le débat sur l’état du système carcéral mauricien. Conditions de détention, santé mentale des détenus, accès aux soins, surveillance indépendante et mécanismes de contrôle reviennent désormais au centre des préoccupations.

Interrogé sur les mesures mises en place pour humaniser l’univers carcéral, le chef du gouvernement a affirmé que plusieurs initiatives de réhabilitation existent déjà, notamment à la prison de Melrose, conçue selon lui dans une logique de réinsertion et non uniquement de détention.

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