Alors que la hausse des prix du pétrole pousse plusieurs pays à alléger la fiscalité sur les carburants, Maurice fait un choix différent. Là où des économies comme l’Inde réduisent leurs droits d’accise pour protéger le pouvoir d’achat, le gouvernement mauricien maintient sa structure actuelle, invoquant des contraintes budgétaires croissantes.
La récente hausse des prix relance le débat. Selon des propos attribués au ministre du Commerce, Michael Sik Yuen, une augmentation pouvant atteindre 40 % aurait été envisagée, avant d’être limitée à 10 %. Une version que l’ancien ministre du Commerce, Soodesh Callichurn, conteste fermement. Il rappelle que la section 5 du Protection Price & Supplies Control Regulations impose déjà un plafond de 10 % lorsque le Price Stabilisation Account est déficitaire. Pour lui, il ne s’agit donc pas d’un geste en faveur de la population, mais simplement du respect d’une obligation légale.
Dans ce contexte, la structure même des prix est de plus en plus scrutée. Aujourd’hui, l’excise duty s’élève à Rs 9.87 par litre sur l’essence et Rs 4.22 sur le diesel, tandis que l’ensemble des taxes et contributions peut représenter jusqu’à près de 46 % du prix final à la pompe. Un niveau qui alimente les critiques sur l’utilisation du carburant comme levier fiscal, notamment pour financer d’autres mécanismes de soutien.
Cette situation ravive également une contradiction politique. Dans l’opposition, le gouvernement plaidait pour la suppression de la TVA et des taxes sur les carburants. Aujourd’hui, aucune mesure concrète n’a été prise en ce sens.
À l’Assemblée nationale, le leader de l’opposition, Joe Lesjongard, a demandé une révision du mécanisme de taxation, incluant les droits d’accise et la TVA, ainsi qu’un soutien au secteur du transport. Une requête rejetée par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, qui évoque une situation économique difficile, aggravée par le contexte international et un manque à gagner de Rs 10 milliards.
Au-delà du débat politique, la question est désormais centrale : dans un contexte de forte pression sur le coût de la vie, le carburant doit-il continuer à servir de levier fiscal ? Entre contraintes économiques et choix politiques, le gouvernement trace une ligne claire, qui ne fait pas l’unanimité.