Wake-up call au CEB : Clency Bibi démonte le discours d’Assirvaden


Les propos du ministre de l’Énergie, Patrick Assirvaden, qualifiant la situation au Central Electricity Board (CEB) de « wake up call », continuent de susciter de vives réactions. Cette fois, c’est le président du syndicat des employés du Central Electricity Board qui monte au créneau pour dénoncer ce qu’il considère comme une approche « simpliste et injuste ».

Dans une déclaration ferme, Clency Bibi, s’exprimant en tant que représentant des employés, dit prendre note de l’insatisfaction exprimée par le ministre quant au rythme de mise en œuvre des projets stratégiques du CEB. Il rappelle toutefois que les employés ne sauraient être tenus responsables des retards accumulés dans le secteur énergétique.

Selon lui, le personnel du CEB travaille depuis plusieurs années sous forte pression, avec des effectifs insuffisants, des contraintes administratives lourdes, des procédures décisionnelles complexes et, parfois, un manque de moyens techniques et financiers. « Malgré ces conditions, les employés ont toujours assuré la continuité du service public, souvent au prix de sacrifices importants », souligne-t-il.

Le président du syndicat estime que des déclarations publiques assimilables à un « wake up call » risquent surtout de démoraliser davantage un personnel déjà éprouvé, au lieu de créer le climat de confiance et de collaboration nécessaire pour relever les défis énergétiques du pays. Il insiste sur le fait que la transition énergétique et la sécurité de l’approvisionnement ne peuvent réussir sans l’engagement total des travailleurs, mais aussi sans une vision claire, des décisions rapides au plus haut niveau et un soutien concret à l’institution.

Clency Bibi se montre particulièrement critique quant à l’absence, selon lui, d’une politique énergétique claire à long terme. « Une année s’est écoulée sans qu’un seul mégawatt supplémentaire ne soit ajouté au réseau, en dehors des annonces et déclarations », affirme-t-il, dénonçant ce qu’il qualifie de « bla-bla ».

Il rejette catégoriquement toute tentative de faire des employés du CEB des boucs émissaires d’une situation qui relève avant tout de choix stratégiques et de gouvernance. « Les employés ne dorment pas. La lenteur dénoncée n’est pas celle des travailleurs, mais celle des décisions politiques, des lourdeurs administratives et d’un manque de vision cohérente à long terme imposé à l’institution », martèle-t-il.

Le syndicat appelle le ministre de l’Énergie à créer les conditions nécessaires pour accélérer les projets : décisions claires, financement adéquat, renforcement des ressources humaines et respect des partenaires sociaux. Clency Bibi déplore par ailleurs que, malgré des sollicitations répétées, aucune délégation syndicale n’ait été reçue par le ministre depuis sa prise de fonctions.

« La pression médiatique ne produira pas plus de mégawatts », prévient-il, ajoutant que les travailleurs du CEB ne resteront pas silencieux face à toute tentative de dénigrement ou de remise en cause injustifiée de leur engagement. « Le respect du personnel n’est pas négociable. Pour nous c'est une attaque frontale non seulement contre les employés, mais aussi le management et surtout le conseil d'administration qu'il a lui-même nommé. Très grave. », conclut-il.

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