Manière de voir : Moody’s… le Bolom Sounga 2.0 !


À force de l’entendre, on pourrait croire que Moody’s est devenu le nouveau personnage légendaire qui hante les nuits du gouvernement. La façon dont le Premier ministre Navin Ramgoolam brandit le nom de l’agence de notation à chaque débat sur la compensation salariale, la hausse du coût de la vie ou encore le PRB, est tout simplement éloquente.

À chaque revendication, à chaque inquiétude sociale, à chaque secousse économique, Moody’s surgit comme un épouvantail parfaitement calibré. Un avertissement. Une ombre menaçante.
Un peu comme le Bolom Sounga d’autrefois — ce personnage inventé par les parents pour calmer les enfants exigeants, les rendre dociles, les dissuader de demander trop.

Aujourd’hui, le pays n’est plus un enfant, et les travailleurs encore moins. Pourtant, le réflexe narratif demeure : invoquer Moody’s pour faire taire les attentes, freiner les revendications ou justifier l’immobilisme.

Il serait évidemment irresponsable d’ignorer l’impact d’une notation internationale. Mais il serait tout aussi dangereux d’en faire le nouvel outil psychologique destiné à contenir toute velléité de justice salariale.
Si Moody’s est devenu le Bolom Sounga 2.0, c’est parce qu’on l’utilise moins comme un indicateur économique que comme un instrument de crainte.

La question que se pose désormais le public est simple :
Doit-on réellement redouter Moody’s, ou doit-on plutôt se demander pourquoi le gouvernement ressent le besoin d’agiter ce nom comme une menace ?

Dans un contexte où le coût de la vie étouffe, où la classe moyenne s’érode, où les travailleurs peinent à suivre, il faudra plus qu’un « monstre » financier pour contenir les frustrations. La population réclame des réponses, pas des épouvantails.

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