À chaque arrivée de travailleurs étrangers, le même scénario se répète. Des voix s’élèvent, des rumeurs circulent, des amalgames dangereux se propagent. Aujourd’hui, ce sont les travailleurs bangladais qui se retrouvent dans le viseur d’une campagne aussi irrationnelle que malsaine. Certains vont jusqu’à prétendre que ce qui se passe actuellement au Bangladesh pourrait se reproduire à Maurice, allant même jusqu’à suggérer que les minorités du pays devraient s’inquiéter de leur présence.
Ces discours ne reposent sur aucun fait sérieux. Ils s’appuient uniquement sur la peur, les préjugés et une instrumentalisation honteuse des tensions internationales pour alimenter une psychose locale.
Comme l’a rappelé le syndicaliste et défenseur des travailleurs migrants Fayzal Ally-Beegun, la décision d’autoriser ou non des travailleurs étrangers à exercer à Maurice relève exclusivement du gouvernement et des institutions compétentes. Ce n’est ni à des groupes communautaires, ni à des activistes animés par des agendas identitaires de décider qui a le droit de travailler sur notre territoire.
Maurice s’est construite grâce à sa diversité. Notre histoire est celle de peuples venus d’Inde, d’Afrique, de Chine, de Madagascar, d’Europe et d’ailleurs. Si nos ancêtres avaient été accueillis avec le même rejet et la même suspicion que certains réservent aujourd’hui aux Bangladais, le pays que nous connaissons n’aurait jamais existé.
Faire croire que des travailleurs venus gagner honnêtement leur vie constituent une menace pour les minorités relève d'une campagne infecte, irrationnelle et profondément communale. Ces hommes et ces femmes ne viennent ni faire de la politique ni imposer une quelconque idéologie. Ils viennent travailler dans des secteurs qui ont besoin de main-d'œuvre.
Maurice s'est construite sur la diversité, le respect et le vivre-ensemble. Ceux qui cherchent aujourd'hui à opposer les communautés en jouant sur la peur de l'étranger prennent le risque de fragiliser l'harmonie qu'ils prétendent défendre.
Le véritable danger ne vient pas des travailleurs bangladais. Il vient des discours de division qui alimentent les préjugés et tentent de transformer une question économique en débat communautaire. Maurice mérite mieux que cette politique de la peur.