Recrutement de travailleurs étrangers : Maurice renforce son dispositif contre les dérives


Le gouvernement entend mettre de l’ordre dans le recrutement de la main-d’œuvre étrangère. Réuni en Conseil des ministres, le Cabinet a pris note de plusieurs mesures destinées à lutter contre le recrutement illégal de travailleurs étrangers et à mieux encadrer leur présence sur le territoire mauricien.

À ce jour, Maurice compte près de 50 000 travailleurs étrangers employés dans différents secteurs confrontés à une pénurie de main-d’œuvre. L’Inde demeure le principal pays fournisseur avec 15 840 travailleurs, suivie du Népal avec 14 821 travailleurs, de Madagascar avec 9 995 travailleurs et du Bangladesh avec 8 975 travailleurs.

Face aux préoccupations grandissantes liées aux recrutements irréguliers et à la disparition de certains travailleurs après leur arrivée dans le pays, le ministère du Travail et des Relations industrielles procède actuellement à une révision du mécanisme de recrutement.

Dans cette optique, le ministre du Travail a profité de sa participation à la 114e Conférence internationale du Travail, tenue récemment à Genève, pour engager des discussions avec son homologue bangladais. Ces échanges ont abouti à une décision majeure : la signature prochaine d’un protocole d’accord (Memorandum of Understanding) entre Maurice et le Bangladesh.

Ce futur accord prévoit notamment la création, par les autorités bangladaises, d’un organisme gouvernemental centralisé qui agira comme agence officielle de recrutement. Toutes les opérations de recrutement destinées aux secteurs en pénurie de main-d’œuvre devront ainsi transiter par cette structure, dans le but de garantir davantage de transparence, de contrôle et de traçabilité.

Le modèle n’est pas inédit. Maurice applique déjà un dispositif similaire avec l’Inde dans le cadre du « India-Mauritius Government-to-Government Mobility Partnership ». Cet accord repose sur un cadre moderne et éthique de recrutement, géré par la National Skills Development Corporation (NSDC) indienne.

Par ailleurs, le Cabinet a également pris note des démarches entreprises auprès du Passport and Immigration Office afin d’intensifier les opérations visant à retrouver les travailleurs étrangers portés disparus. Ces derniers représentent un défi croissant pour les autorités, certains quittant leur employeur ou disparaissant des radars administratifs peu après leur arrivée dans le pays.

À travers ces nouvelles mesures, le gouvernement cherche à mieux encadrer les flux migratoires liés au travail, tout en protégeant à la fois les droits des travailleurs étrangers et les intérêts des employeurs mauriciens. L’objectif affiché est clair : instaurer un système de recrutement plus transparent, plus sécurisé et mieux adapté aux besoins du marché du travail mauricien.

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