Alors que la Mauritius Ports Authority (MPA) s'apprête à vendre le remorqueur Talipot comme ferraille, l'expert maritime et portuaire Alain Malherbe estime que le véritable sujet se trouve ailleurs : le sort réservé au remorqueur Ochna, qui serait actuellement préparé pour être affecté à Rodrigues.
Selon Alain Malherbe, cette décision soulève une contradiction majeure. Il rappelle que dans son Fleet Condition Survey de 2020, le cabinet international Keel Marine classait l'Ochna, au même titre que le Talipot, parmi les remorqueurs ayant atteint leur fin de vie opérationnelle ou étant prêts à être retirés du service.
Pour l'expert, une question fondamentale se pose : qu'est-ce qui a changé depuis 2020 pour que ce remorqueur soit aujourd'hui considéré comme apte à reprendre du service ?
Il s'interroge également sur les critères techniques ayant conduit la MPA à envisager son transfert vers Rodrigues, alors qu'elle vient simultanément de confirmer, par la vente du Talipot, la validité des recommandations formulées par Keel Marine il y a six ans.
Alain Malherbe va plus loin en mettant en garde contre l'idée que Rodrigues puisse devenir la destination d'équipements dont Maurice ne veut plus.
« Les Rodriguais ont droit au même niveau de sécurité maritime que les Mauriciens. Un remorqueur considéré comme étant en fin de vie à Maurice ne peut pas, sans explications techniques solides, devenir soudainement acceptable à Rodrigues », fait-il valoir.
L'expert appelle ainsi la MPA à faire preuve de transparence en rendant publiques les expertises techniques justifiant le maintien en service de l'Ochna. Il invite également le Chef Commissaire de Rodrigues, Franceau Grandcourt, à obtenir toutes les garanties nécessaires avant toute affectation éventuelle du remorqueur.
Pour Alain Malherbe, au-delà du cas de l'Ochna, c'est la cohérence de la gestion de la flotte portuaire et le respect des mêmes standards de sécurité sur l'ensemble du territoire de la République qui sont aujourd'hui en jeu.