L’affaire du rapatriement d’Emilien Joseph Nicholas, plus connu sous le nom de Ras Natty Baby, prend une tournure inattendue. Ce qui devait être un ultime geste de dignité envers l’artiste défunt se transforme désormais en affrontement public entre l’OMCA Foundation et le ministère de la Santé.
Dans un communiqué ferme, l’OMCA Foundation réfute catégoriquement les affirmations des autorités selon lesquelles elle aurait refusé de régler les frais hospitaliers engagés en Inde. L’organisation insiste : aucune preuve concrète ne vient étayer une telle accusation.
Au contraire, l’OMCA affirme avoir pris les devants dès l’arrivée du patient à l’étranger, en émettant une garantie de prise en charge et en assurant un suivi continu du dossier, tant sur le plan médical qu’administratif. Mieux encore, selon ses dires, le rapatriement de la dépouille était déjà en cours, avec une arrivée prévue à Maurice, indépendamment de toute intervention gouvernementale.
Version gouvernementale : une “défaillance” à corriger
En face, le ton est tout autre. Le gouvernement affirme avoir été informé d’un refus de paiement de la part de l’organisation ayant facilité le transfert du patient. Une situation jugée suffisamment grave pour justifier une décision exceptionnelle : l’État prendra en charge l’intégralité des frais médicaux à l’étranger.
Pour les autorités, cette intervention vise à éviter tout préjudice supplémentaire à la famille et à honorer la mémoire d’un artiste ayant marqué la culture mauricienne. Le ministère rappelle également que le transfert vers l’Inde aurait été initié en dehors du circuit institutionnel habituel, alors même qu’un suivi médical était en cours à l’hôpital Dr A.G. Jeetoo.
Deux récits, une vérité à établir
Entre ces deux versions opposées, les zones d’ombre persistent. L’OMCA souligne n’avoir reçu aucune communication officielle formelle du ministère dans la gestion de ce dossier. Elle déplore également une annonce publique faite sans concertation préalable, susceptible, selon elle, de semer la confusion.
De son côté, le gouvernement campe sur sa position et assume une intervention “responsable et déterminée” pour débloquer la situation.
Un climat qui se durcit
Loin de l’apaisement, le ton se durcit. L’OMCA Foundation évoque désormais la possibilité de saisir les autorités compétentes afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire.
Pendant ce temps, un élément clé vient compliquer davantage le débat : les fonds collectés publiquement, qui s’élèvent à un peu plus de Rs 105,000, restent largement insuffisants face aux coûts médicaux engagés.
Au-delà du conflit, une famille en attente
Au cœur de cette polémique, une réalité demeure : une famille endeuillée, en attente de pouvoir faire son deuil dans la dignité.
Alors que les responsabilités s’entrechoquent et que les versions s’opposent, une question persiste : comment une opération aussi sensible a-t-elle pu dériver vers un tel bras de fer institutionnel ?