Au Mouvement Militant Mauricien, la discipline, c’est sacré. Enfin… surtout pour les autres. Samedi 18 avril, lors d’une conférence de presse digne d’un épisode de «Faites ce que je dis, oubliez ce que je fais», Reza Uteem a livré une masterclass de cohérence… version alternative.
Le président du parti, visiblement inspiré par une morale à géométrie variable, a justifié l’expulsion de certains conseillers municipaux avec une phrase qui mérite déjà sa place au panthéon des punchlines politiques : « sel raison kifer zot pane démissioner depi MMM pou zot continuer gagne zot la paye… zot reste attacher à zot privilège ».
Traduction libre : « Ils s’accrochent à leurs privilèges». Traduction réelle : «Ils font exactement ce que nous avons toujours fait… mais là, ça nous dérange». Car oui, le fond du problème est là : l’attachement aux privilèges. Une découverte récente au MMM, manifestement. Une révélation presque mystique. On en viendrait presque à croire que le parti vient de découvrir que la politique attire aussi… des politiciens.
Pendant ce temps, la fameuse «bande des 15», ces irréductibles qui n’ont pas suivi Paul Bérenger dans ses dernières manœuvres, se retrouvent aujourd’hui accusés de tous les maux. Leur crime ? Ne pas avoir démissionné. Autrement dit : rester en place. Un concept pourtant largement validé par des décennies de pratique politique locale.
Mais attention, ici on ne parle pas de simples divergences. Non. On parle de trahison, de principes, de valeurs… bref, tout ce qu’on sort du tiroir quand il faut donner une touche noble à un règlement de comptes interne. Ce qui frappe surtout, c’est cette capacité presque artistique à redéfinir les règles du jeu en cours de partie. Hier acceptable, aujourd’hui condamnable. Hier stratégique, aujourd’hui immoral. Une flexibilité idéologique qui ferait pâlir un gymnaste olympique.
Au final, cette séquence ressemble moins à une démonstration de leadership qu’à un épisode de téléréalité politique : alliances, trahisons, éliminations… Il ne manque plus que le public vote par SMS. Et pendant que les militants tentent de suivre le fil, une question persiste : au MMM, est-ce encore une question de convictions… ou simplement de position ?
Spoiler : la réponse dépend probablement de qui tient le micro.
