Blanchiment, immobilier, contrôle : le gouvernement peine à rassurer sur le Golden Visa


Le projet de « Golden Visa Scheme » voulu par le gouvernement continue de susciter de nombreuses interrogations, notamment sur les risques de blanchiment d’argent, la spéculation immobilière et les véritables retombées économiques pour Maurice. Mais lors de la séance parlementaire, le Premier ministre n’a pas totalement dissipé les doutes.

Face aux questions précises de la députée Joanna Bérenger, le chef du gouvernement a surtout multiplié les généralités et les promesses de vigilance, sans réellement entrer dans le concret. Certes, il a détaillé les contours du futur dispositif destiné aux « high-net-worth individuals », avec un investissement minimal de USD 1 million et des facilités fiscales et administratives importantes.

Mais c’est surtout sur les garanties réelles contre les dérives que les réponses ont semblé les plus fragiles.

Interrogé directement sur la différence entre ce nouveau système et les pratiques controversées du passé, notamment les cas Sobrinho ou Ravatomanga, le Premier ministre a évoqué une « approche différente », la digitalisation des passeports et la création future d’une nouvelle agence criminelle.

Des réponses jugées vagues. Aucune explication concrète n’a été donnée sur les mécanismes précis de contrôle, les critères de rejet des candidatures ou encore les garanties d’indépendance des processus de due diligence. Le Premier ministre s’est contenté d’assurer que « different people » seraient impliqués et que « crooks » ne passeraient pas entre les mailles du filet.

Même flou lorsqu’il a été question des indicateurs de performance du programme. Quels seront les véritables critères pour mesurer le succès du Golden Visa ? Création d’emplois ? Investissements productifs ? Retombées économiques réelles ? Réduction de la spéculation ? À ces questions pourtant centrales, aucune réponse claire n’a été apportée.

Le Premier ministre a préféré revenir une nouvelle fois sur les risques de blanchiment d’argent et critiquer l’ancien gouvernement, sans détailler les fameux « KPIs » qui permettront d’évaluer si ce programme profite réellement aux Mauriciens.

Autre moment révélateur : la question sur les limites concernant les terres pouvant être acquises par les détenteurs de Golden Visa. Là encore, le chef du gouvernement a semblé hésitant avant d’être repris par la Speaker sur la notion de « superficie ».

Au final, malgré un discours rassurant sur les contrôles et la conformité aux normes internationales, plusieurs zones d’ombre persistent autour de ce projet qui pourrait profondément transformer le paysage économique et immobilier mauricien.

Car derrière les promesses d’investissements et d’attractivité économique, une question demeure entière : Maurice est-elle réellement prête à ouvrir davantage ses portes aux grandes fortunes étrangères sans fragiliser davantage l’accès au logement, la transparence financière et l’équilibre social du pays ?

« Aucun chiffre concret sur les emplois, aucune étude claire sur les véritables retombées économiques, et toujours autant de flou sur la nature des investissements attendus. Le gouvernement semble avancer à l’aveugle avec ce Golden Visa Scheme, au risque de privilégier les intérêts d’une minorité fortunée plutôt que ceux des Mauriciens», dit la députée Joanna Bérenger dans une vidéo Facebook.

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