Leadership du MMM : Gunness et Uteem hors-jeu, Bhagwan en embuscade…


Au Mouvement Militant Mauricien, on ne parle plus vraiment de succession… mais plutôt d’une longue scène d’improvisation où chacun récite ses répliques sans jamais oser monter sur le trône. Depuis que Paul Bérenger est parti, la question n’est plus qui prendra la relève, mais qui osera vraiment le faire sans se brûler les ailes. Parce qu’à ce rythme, même une nomination intérimaire devient un exercice de haute voltige.

Pendant que certains critiquaient Navin Ramgoolam pour son supposé manque d’empressement à nommer un Deputy Prime Minister, le MMM, lui, a décidé d’innover : ne nommer personne du tout. Une stratégie révolutionnaire, probablement inspirée du principe selon lequel quand il n’y a pas de pilote, il n’y a pas de crash imputable.

Gunness et Uteem : duel… ou double sortie de piste ?

Dans le coin gauche, Ajay Gunness. Leader-adjoint, mais actuellement surtout connu pour une affaire judiciaire qui colle à ses ambitions comme un chewing-gum sous une chaussure. Conduite en état d’ivresse, dossier toujours en suspens au tribunal de Curepipe… difficile de faire campagne avec ça sans donner l’impression de zigzaguer politiquement.

Dans le coin droit, Reza Uteem. Président du parti, mais visiblement aussi passionné par les micros que par les consignes internes. On lui reproche d’avoir parlé… trop parlé… et surtout là où il ne fallait pas. Critiquer publiquement Bérenger ? Dans un MMM où le silence est parfois plus stratégique que la parole, c’est presque un suicide politique.

Résultat : deux prétendants, deux handicaps, et un leadership qui reste… en salle d’attente.

Bhagwan : joker inattendu ou solution par défaut ?

Et puis, dans l’ombre, presque tranquillement, Rajesh Bhagwan. Secrétaire général, discret mais toujours là. Son état de santé alimente les conversations, mais politiquement, il pourrait bien devenir le compromis parfait : ni trop controversé, ni trop bruyant… en somme, exactement ce qu’il faut pour un intérim qui ne dérange personne. Une sorte de solution « neutre », comme ces gouvernements techniques qu’on met en place quand plus personne ne veut vraiment prendre la responsabilité.

Navarre-Marie : trop haut, trop vite ?

Quant à Arianne Navarre-Marie, fraîchement propulsée dans ses fonctions de Deputy Prime Minister, la question reste entière : peut-elle porter en même temps le poids de l’État et celui d’un parti en pleine crise identitaire ? Certains y voient une montée en puissance, d’autres… un risque de combustion spontanée.

Un parti, plusieurs chefs… et aucun leader

Au final, le MMM donne l’impression d’un orchestre sans chef, où chacun accorde son instrument sans jamais lancer la symphonie. Les prétendants existent, les ambitions aussi… mais la décision, elle, semble coincée quelque part entre prudence, ego et calcul politique. Et pendant ce temps, les militants regardent. Les électeurs aussi.

Avec une question simple : le MMM cherche-t-il un leader… ou simplement quelqu’un à qui refiler une patate chaude soigneusement emballée ? Parce qu’à ce rythme, même l’intérim pourrait finir par devenir… permanent.

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