Maurice recule lourdement dans le dernier Classement mondial de la perception de la corruption. Selon l’Indice de perception de la corruption (CPI) 2025 publié ce mardi par Transparency International, le pays perd cinq places et voit son score chuter à 48 points sur 100.
L’île se retrouve désormais 61ᵉ sur 182 pays évalués, contre la 56ᵉ position l’an dernier. Un déclassement qui ne passe pas inaperçu et qui confirme une dégradation continue de la perception de la gouvernance et de l’intégrité publique.
Pour Transparency Mauritius, il s’agit d’un « recul sans précédent ». L’ONG rappelle qu’« depuis 2012, le score de Maurice est passé de 57 à 48, traduisant une érosion progressive des standards de gouvernance, de la transparence et de la lutte contre la corruption ». Une tendance lourde qui, selon elle, ne peut plus être ignorée.
À l’échelle mondiale, la moyenne du CPI s’établit à 42 sur 100, confirmant que la corruption reste un phénomène largement perçu comme endémique dans de nombreux États. Le classement est dominé par le Danemark avec 89 points, devant la Finlande et Singapour, régulièrement cités comme modèles en matière d’intégrité publique.
Dans la région africaine, les Seychelles tirent leur épingle du jeu avec une 24ᵉ place mondiale et un score de 68 points, creusant davantage l’écart avec Maurice.
Face à ce constat préoccupant, Transparency Mauritius insiste : « la corruption n’est pas une fatalité ». L’organisation appelle à des réformes structurelles urgentes, notamment sur le financement des partis politiques, l’accès à l’information publique et la protection effective des lanceurs d’alerte. Elle se dit disposée à engager un dialogue avec les autorités, tout en soulignant que la restauration de la confiance passe par des actes concrets et mesurables.
Pour l’ONG, ce nouveau recul doit servir d’électrochoc. Sans une mobilisation collective et une volonté politique affirmée, Maurice risque de voir s’installer durablement une perception négative de ses institutions — avec des conséquences directes sur la confiance citoyenne, l’attractivité économique et la crédibilité démocratique du pays.
