Les résultats du PSAC Assessment Grade 6 – 2025, publiés par le Mauritius Examinations Syndicate, révèlent des tendances contrastées. D’un côté, plusieurs matières affichent des taux de réussite élevés ; de l’autre, les performances des écoles classées en Zone d’Éducation Prioritaire (ZEP) montrent une profonde inégalité persistante dans le système éducatif mauricien.
Des matières à fort taux de réussite
Selon les données officielles, la majorité des écoliers ont réussi leurs examens de fin de cycle primaire. Les matières dites “principales” affichent des taux de réussite encourageants :
- French : 86,05 % – meilleure performance globale
- English : 84,68 %
- Science : 80,17 %
- Mathematics : 79,83 %
- History & Geography : 74,60 %
Certaines langues orientales atteignent également des résultats élevés, notamment :
- Kreol Rodrige : 92,14 %
- Kreol Morisien : 81,17 %
- Marathi : 76,70 %
- Urdu : 75,32 %
Ces chiffres laissent entendre que, dans l’ensemble, les élèves bénéficient d'une base solide dans les matières fondamentales.
ZEP : des écarts alarmants entre les écoles
L’analyse des résultats des écoles ZEP révèle cependant un tout autre tableau. Les écarts entre établissements sont frappants : certains parviennent à dépasser les 60 % de réussite, tandis que d’autres affichent des taux dramatiquement bas.
Quelques écoles ZEP en difficulté extrême :
- SURTEE SOONNEE GOVT SCHOOL : 23,53 %
- RICHIELEU GOVT SCHOOL : 29,58 %
- NICOLAY GOVT SCHOOL : 26,67 %
- BOIS DES AMOURETTES GOVT SCHOOL : 36 %
Des écoles qui tirent leur épingle du jeu :
- AÎMÉ CESAIRE GOVT SCHOOL : 69,23 %
- GUY ROZEMONT GOVT SCHOOL : 67,27 %
- JEAN EON RCA : 61,54 %
- HURRYPERSAD RAMNARAIN G.S : 61,36 %
On note aussi de fortes variations au sein d’un même district, preuve que les inégalités ne sont pas uniquement géographiques mais structurelles.
Un système à deux vitesses
Ces résultats soulignent une réalité bien établie : le système éducatif mauricien fonctionne encore à deux vitesses.
D’un côté :
- Des matières académiques où la majorité réussit largement.
- Des écoles performantes, y compris dans certaines zones défavorisées.
De l’autre :
- Des écoles ZEP en grande difficulté, où moins d’un élève sur trois atteint le niveau requis.
- Un manque d’encadrement, d’infrastructures et de soutien ciblé.
La différence entre le meilleur taux ZEP (près de 70 %) et le plus faible (environ 23 %) est l’un des indicateurs les plus préoccupants.
Un appel à une réforme profonde
Les chiffres relancent le débat sur la gestion des écoles primaires, l’efficacité du programme ZEP, et la nécessité de revoir les stratégies d’accompagnement pédagogique.
Parents, syndicats et pédagogues plaident pour :
- un renforcement des ressources humaines dans les écoles fragiles ;
- des programmes de soutien individualisé ;
- une remise à plat du ZEP Framework, jugé dépassé par certains ;
- une évaluation indépendante des politiques éducatives.
Alors que le PSAC reste une étape déterminante dans le parcours scolaire des enfants, ces résultats montrent clairement que l’égalité des chances est loin d’être atteinte, avec des centaines d’élèves laissés en marge dès l’âge de 11 ans.
