La polémique enfle autour des récents exercices de recrutement menés par la Local Government Services Commission (LGSC). Au cœur de la controverse : les graves dénonciations formulées par la députée travailliste Anabelle Savabaddy, qui accuse ouvertement le processus d’être profondément déséquilibré et injuste.
Mardi 12 mai, à l’Assemblée nationale, la députée n’a pas mâché ses mots. Face au gouvernement, elle a réclamé purement et simplement l’annulation du dernier exercice de recrutement. Une sortie choc qu’elle a réitérée mercredi soir sur le plateau de TéléPlus, dénonçant ce qu’elle considère comme une situation « scandaleuse ».
Selon elle, dans certaines collectivités locales, seulement 3 employés sur 123 recrutés seraient issus de la communauté de la population générale. Un chiffre qui, selon la parlementaire, soulève de sérieuses interrogations sur l’équilibre et l’équité du processus de recrutement.
Sur le plateau de TéléPlus, Anabelle Savabaddy a également rappelé que ce gouvernement avait largement été porté au pouvoir autour d’une promesse forte : celle de la méritocratie et de l’égalité des chances. Or, selon elle, les récents exercices de recrutement à la LGSC donnent aujourd’hui l’impression que cet engagement fondamental n’est pas respecté.
« Ki zot problem ar nou ? » Une phrase devenue emblématique depuis la chanson culte de Billygane sortie en 2024, en pleine période préélectorale. À travers ce morceau, l’artiste dénonçait déjà un sentiment de discrimination et de marginalisation ressenti par une partie de la population générale. Aujourd’hui, cette expression refait surface dans le débat public, cristallisant colère, frustration et incompréhension face aux récentes polémiques entourant les recrutements à la LGSC.
Cette affaire intervient également dans un contexte déjà sensible autour de la commission. Il y a quelques mois, le Premier ministre Navin Ramgoolam lui-même avait reconnu l’existence d’anomalies au sein de la LGSC et avait demandé l’ouverture d’une enquête. Une démarche qui avait finalement conduit à la démission du chairman d’alors, le Dr Sahid Maudarbocus.
Les déclarations d’Anabelle Savabaddy risquent désormais de relancer avec force le débat sur la représentativité au sein des recrutements publics. Car au-delà des statistiques avancées, c’est la confiance envers les institutions de l’État qui semble aujourd’hui fragilisée.
Sur les réseaux sociaux, les réactions se multiplient déjà. Certains dénoncent un système de favoritisme et d’exclusion silencieuse, tandis que d’autres appellent à éviter toute lecture communaliste du dossier. Mais une chose est sûre : le sujet est explosif.
Dans une société mauricienne où l’équilibre social demeure une question extrêmement sensible, cette nouvelle controverse pourrait rapidement prendre une dimension politique et identitaire encore plus importante dans les jours à venir.