Depuis la déclaration faite le mardi 12 mai au Parlement par le ministre de la Santé, Anil Bachoo, attribuant la situation actuelle de la leptospirose aux « manquements des dix dernières années » sous l’ancien gouvernement, les rats se retrouvent soudainement au centre du débat national.
Face à cette grave accusation, topnews.mu a décidé de donner enfin la parole à la partie la plus visée dans cette affaire : le rat mauricien.
Après plusieurs heures de négociations dans une arrière-cour humide de Port-Louis, notre rédaction a pu obtenir une interview exclusive avec un représentant autoproclamé de la communauté des rats de Maurice.
Visiblement tendu, moustaches frémissantes et regard méfiant, notre interlocuteur a immédiatement tenu à réagir :
« Nou krwar nou tousel responsable aster ? Pena dimounn ki jette déchets ? Pena drains bouchés ? Pena saleté ? »
Le rat affirme que lui et ses congénères seraient aujourd’hui utilisés comme « bouc émissaire politique ».
« Quand tout va mal, c’est toujours nous. Pourtant, nous pas construire montagnes déchets dans certains quartiers. »
Interrogé sur la leptospirose, le rongeur reconnaît toutefois que « les rats existent depuis longtemps », mais estime que leur prolifération est avant tout le reflet d’un problème plus profond.
« Si ena nourriture partout, si certains endroits ressemblent à un buffet ouvert 24/7… ki zot krwar nou pou faire ? Quitte Maurice ? »
L’animal affirme même que les rats « ne comprennent plus la situation politique du pays ».
« Chaque gouvernement accuse l’autre. Pendant ce temps-là, nous population pe augmente tranquillement. »
Mais c’est probablement la fin de l’entretien qui risque de faire le plus réagir.
Alors que notre journaliste lui rappelait que le ministre parlait de « dix années de manquements », le rat a marqué un silence… avant de lâcher un regard confus.
« Dix ans ? »
Quelques secondes plus tard, il éclate presque de rire.
« Mais camarade… un rat li vivre environ 1 à 3 ans seulement. Si zot pe accuse nous pour dix ans… alors soit nous ena plusieurs générations impliquées… soit Maurice ena problème plus profond ki juste nous. »
Avant de disparaître dans une bouche d’égout proche, notre interlocuteur a laissé une dernière phrase :
« Les rats ne votent pas. Mais eux aussi savent reconnaître quand un pays devient négligé. »